de Matteo Zola
traduit par Daniela Piazzalunga
Le 31 octobre passé l’Ukraine a voté pour les élections administratives, un vote « contre Ianoukovytch et pour la démocratie », comme certains journaux ont intitulé. L’actuel président, et son Parti des régions, sont tout de même sortis victorieux des urnes et ils gouvernent maintenant 23 des 27 régions dont le Pays est composé. Tout de suite, les opposants, Timoshenko en tête, ont crié aux tripotages. Evidemment, l’opposition jouit de l’appui inconditionnel de l’administration américaine.
La victoire de Ianoukovytch n’a pas été écrasante et en général il ne franchit pas le 30% des consensus, selon ce que écrive Astrit Dakli*, journaliste du Manifesto (n.d.r. Il Manifesto est un journal politique italien) : « Le Parti des régions s’est imposé surtout grâce à la faiblesse des ses adversaires ». Le cadre électoral, donc, ne parait pas fruit d’une manumission. Pourquoi, alors, crier aux tripotages?
A la base de la proteste il y aurait l’organisation « Opora », laquelle se autodéfinit « indépendante », qui s’occupe de contrôler le déroulement légal des élections, en plus de la situation démocratique en Ukraine. Toutefois « Opora » est financée entièrement pas les Etats-Unis et par le National Democratic Institute de Washington fondé par Ronald Reagan pour « promouvoir la démocratie », évidemment la démocratie étoilée.
Hors de l’Ukraine, jusqu’à présent, les voix critiques sur les actuelles élections sont rares et aucune remontrance n’a été soulevée par les observateurs européens envoyés pour contrôler le déroulement du vote dans le Pays.
Bien sûr – et ici nous faisons l’avocat de l’accusation – la présidence Ianoukovytch est en train de reporter l’Ukraine parmi les bras de la mère Russie : les secteurs énergétique et militaire ont déjà été unifiés ; Kiev est de plus en plus une province de Moscou et toujours moins un Pays souverain. L’Ukraine d’aujourd’hui est très lointaine de l’Union Européenne et de plus en plus loin dans l’Union russe. Cela déplait aux européistes, aussi parce que la Russie n’est pas maîtresse de démocratie. On pourrait affirmer, malignement, que si le journaux européens n’ont rien dit sur le vote contesté est parce que les politiques de France, Allemagne, Italie, se sont aplaties sur les positions de Moscou pour les vicissitudes énergétiques connues. Un aplatissement qui paraît une vassalité et qui empêche aux démocraties européennes de dénoncer, par exemple, les crimes de l’armée russe en Tchétchénie ou les éventuels manipulations électorales en Ukraine.
Si vraiment le tandem franco-allemand (guide non seulement économique de l’Union européenne) regarde avec faveur à Moscou, alors il n’étonne pas le silence des observateurs envoyés par Bruxelles à contrôler les récentes votations ukrainiennes. Toutefois ici nous sommes peut-être allés trop loin avec la fanta-politique irréelle. Peut-être.
* Astrit Dakli est un journaliste qui écrive pour « Il Manifesto », journal politique italien fondé en 1964 par des membres du PCI, et collabore avec des journaux internationaux.
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